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26 octobre 2018

Les loupiots, Aristide Bruant (1851-1925)

C’est les petits des grandes villes, Les petits aux culs mal lavés, Contingents des guerres civiles Qui poussent entre les pavés.  Aristide Bruant, (1851-1925), « Les loupiots », Dans la rue, 1895 Sans gâteaux, sans joujoux, sans fringues, Et quelquefois sans pantalons, Ils vont dans les vieilles redingues Qui leur tombent sur les talons.   Ils traînent, dans des philosophes, Leurs petits pieds endoloris, Serrés dans de vagues étoffes... Chaussettes russes de Paris !   Ils se réchauffent dans les bouges... [Lire la suite]
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14 octobre 2018

Aux arbres Victor Hugo

    Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme! Au gré des envieux, la foule loue et blâme ; Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent, Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant. Vous le savez, la pierre où court un scarabée, Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée, Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour. La contemplation m’emplit le coeur d’amour. Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure, Avec ces mots que dit l’esprit à la nature, Questionner tout bas vos rameaux palpitants,... [Lire la suite]
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08 avril 2018

L'isolement - Lamartine -

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ; Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ; Là le lac immobile étend ses eaux dormantes Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, Le crépuscule encor jette un dernier rayon ; Et le char vaporeux de la... [Lire la suite]
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01 mars 2018

À une heure du matin Charles Baudelaire

  Enfin ! seul ! On n’entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin ! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.Enfin ! il m’est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres ! D’abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde.Horrible vie !... [Lire la suite]
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09 mai 2016

Chacun sa chimère

Chacun sa chimère Charles Baudelaire Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés. Chacun d’eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu’un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d’un fantassin romain. Mais la monstrueuse bête n’était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l’homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s’agrafait avec ses deux vastes... [Lire la suite]
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10 octobre 2015

Poème - En septembre

Paul Verlaine   (1844-1896) Parmi la chaleur accablanteDont nous torréfia l'été,Voici se glisser, encor lenteEt timide, à la vérité,Sur les eaux et parmi les feuilles, Jusque dans ta rue, ô Paris, La rue aride où tu t'endeuilles De tels parfums jamais taris,Pantin, Aubervilliers, prodigeDe la Chimie et de ses jeux,Voici venir la brise, dis-je,La brise aux sursauts courageux...La brise purificatriceDes langueurs morbides d'antan,La brise revendicatriceQui dit à la peste : va-t'en !Et qui gourmande la paresseDu poëte et de... [Lire la suite]
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24 septembre 2015

Je contemple souvent le ciel de ma mémoire

Marcel Proust (1871-1922) Je contemple souvent le ciel de ma mémoire Le temps efface tout comme effacent les vagues Les travaux des enfants sur le sable aplani Nous oublierons ces mots si précis et si vagues Derrière qui chacun nous sentions l'infini.Le temps efface tout il n'éteint pas les yeuxQu'ils soient d'opale ou d'étoile ou d'eau claire Beaux comme dans le ciel ou chez un lapidaire Ils brûleront pour nous d'un feu triste ou joyeux.Les uns joyaux volés de leur écrin vivantJetteront dans mon coeur leurs durs reflets de pierre... [Lire la suite]
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01 septembre 2015

La rose thé

  Théophile GAUTIER (1811-1872) La rose-thé La plus délicate des rosesEst, à coup sûr, la rose-thé.Son bouton aux feuilles mi-closesDe carmin à peine est teinté. On dirait une rose blancheQu'aurait fait rougir de pudeur,En la lutinant sur la branche,Un papillon trop plein d'ardeur.Son tissu rose et diaphaneDe la chair a le velouté ;Auprès, tout incarnat se faneOu prend de la vulgarité.Comme un teint aristocratiqueNoircit les fronts bruns de soleil,De ses soeurs elle rend rustiqueLe coloris chaud et vermeil.Mais, si votre... [Lire la suite]
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29 août 2015

Poème - La Laitière et le Pot au lait

Jean de la Fontaine   (1621-1695) La Laitière et le Pot au lait Perrette sur sa tête ayant un Pot au laitBien posé sur un coussinet,Prétendait arriver sans encombre à la ville.Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,Cotillon simple, et souliers plats.Notre laitière ainsi trousséeComptait déjà dans sa penséeTout le prix de son lait, en employait l'argent,Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée ;La chose allait à bien par son soin diligent.Il m'est, disait-elle,... [Lire la suite]
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22 août 2015

Poème : L'ombre - Victor Hugo

Victor Hugo (1802-1885) L'ombre Il lui disait : - Vos chants sont tristes. Qu'avez-vous ? Ange inquiet, quels pleurs mouillent vos yeux si doux ? Pourquoi, pauvre âme tendre, inclinée et fidèle, Comme un jonc que le vent a ployé d'un coup d'aile, Pencher votre beau front assombri par instants ? Il faut vous réjouir, car voici le printemps, Avril, saison dorée, où, parmi les zéphires, Les parfums, les chansons, les baisers, les sourires, Et les charmants propos qu'on dit à demi-voix, L'amour revient aux coeurs comme la... [Lire la suite]
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