Georges Brassens était de ces êtres qui vous rendent heureux d'être en vie. Cocteau l'eut appelé un donneur de sang "dans une époque dont le ridiculeBrassens site p6 est de croire qu'elle a le sens du ridicule et qui prend pour une insulte à son adresse le moindre signe insolite de grandeur".

L'art tapageur n'appartenait pas à son registre, ni cette originalité qui fuit les hommes quand, d'aventure, ils la courtisent par trop.

Il réussissait ce que peu réussissent : être soi-même. Libertaire jusqu'au plus profond, il affirmait : "je suis tellement anarchiste que je traverse entre les clous afin que le maréchaussée ne me fasse nulle réflexion." Cette rigueur sur sa personne était un exemple pour ceux qui l'approchaient, sans qu'aucune leçon évidemment, ne soit énoncée.(Louis Nucera, le Monde).

Une révolution possible

pt-aznadevosL'anarchie de Brassens a une autre portée que d'alimenter la bile des rouspéteurs ou de faire passer un petit frisson d'angoisse sur l'épiderme des bourgeois : elle est une revendication humaine pour la liberté et pour la justice. a sa passion pour le non-conformisme s'ajoutait toujours une grande compassion. C'est encore à Louis Nucera qu'il confiait : "Vois-tu, la seule révolution possible, c'est de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même demande. Le monde ira mieux alors. Crois moi, c'est le seul chemin".