Aujourd'hui je me suis rendue à la Bibliothèque Nationale François Mitterand (BNF) pour y voir l'exposition Richard AVEDON "Un oeil américain sur la France".

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Photographe américain d'origine russe, Richard Avedon est l'un des photographes de mode les plus célèbres du XXème siècle. Il a, entre-autres, photographié Marilyn Monroe ou Les Beatles. La violence d’une approche précoce de la photographie - qui lui fait fréquenter trop vite la maladie et la mort - s’oppose à un succès rapide dans le monde de la mode et le tient toute sa vie prisonnier d’une contradiction qui le dépasse ; il ne peut qu’adopter un style a minima, compatible avec cette double approche impossible à réduire. Ce style a minima devient sa marque de fabrique.

Sa vie (source : compilation de différents sites web)

Richard Avedon est né le 15 mai 1923 à New York dans une famille d’origine russe. Son père, commerçant dans le textile sur la 5ème Avenue, l'initie très tôt aux techniques de la photographie en lui offrant un Kodak Brownie. Il trouve son premier modèle à l'âge de 10 ans en la personne du compositeur et pianiste russe Sergueï Rachmaninov, son voisin de palier. Le jour de son dix-septième anniversaire, son père lui fait cadeau d’un Rolleiflex. Le 8 novembre 1941, au moment de l'attaque sur Pearl Harbor, il entre dans la marine marchande où il est affecté au service des photos d'identité puis aux autopsies. De cette expérience particulière, il tire un goût prononcé pour le portrait.

En 1944, Richard Avedon décide de se consacrer à la photographie.

De retour à la vie civile, il suit les cours d’Alexeï Brodovitch, alors enseignant à la New School For Social Research et directeur artistique chez Harper’s Bazaar. A 21 ans il ouvre son propre studio, et un an plus tard, son rêve se réalise : il rejoint le prestigieux magazine de mode, comme photographe.

En 1946, Avedon se rend pour la première fois à Paris.
Il photographie les collections de haute-couture française (restant fidèle aux grandes maisons de la capitale jusqu’en 1984). Avedon définit clairement son style : des portraits sur fond neutre. Sa méthode est radicale : un fond uni, une direction du sujet sans concession, une lumière qui met en relief les défauts de la peau, les rides, les asymétries, et des tirages à taille d’homme.

En 1949, Richard Avedon devient également rédacteur en chef adjoint du magazine Théâtre Arts. Sept ans plus tard, il est appelé comme conseiller visuel sur le film Funny Face, dans lequel Fred Astaire interprète un photographe de mode. Il a alors l’occasion de côtoyer plusieurs vedettes, dont Marilyn Monroe.

Même si le nom de Richard Avedon est associé en premier lieu au monde chic de la mode, de la haute société américaine, des célébrités cosmopolites, le portrait est sa façon de négocier ses contradictions et ses obsessions, de se rapprocher de « la vie, un tissu de contradictions et d'énigmes non résolues »

Dans les années 1960, Richard Avedon couvre plusieurs reportages d’actualité : il photographie des militants pour les droits civiques dans le Sud (1963), des membres du Ku Klux Klan, des malades en hôpital psychiatrique… Pacifiste, il photographie les hippies manifestant contre la guerre du Viêt-Nam, se rend au Tonkin pour réaliser des portraits de responsables militaires et de victimes du napalm.

Avedon est alors proche de la Factory d’Andy Warhol. L'endroit représente la quintessence de la révolution sexuelle et artistique de la fin des années 1960 et, pour Avedon, New York et son milieu culturel sont devenus une source inépuisable d’inspiration.

En 1966, après vingt ans d'une fructueuse collaboration avec Harper's Bazaar, il quitte le magazine pour rejoindre Vogue. Il y restera jusqu’en 1990.

Richard Avedon expose en 1974 des clichés de son père malade au musée d'Art moderne de New York.

Avedon continue par ailleurs ses activité de photographie de mode, ses reportages de terrain, et réalise pour Rolling Stone soixante-treize portraits de célébrités de l'élite politique des Etats-Unis.

En 1985 il achève «In the American West», un projet de 732 portraits d’américains pris à travers dix-sept états de l’ouest, sur une période de cinq ans. Il y présente des portraits de cow-boys, de mineurs, et de travailleurs qu’il invite à poser devant son éternel fond blanc, essayant d’évoquer ainsi l’Amérique dans sa diversité. Le projet soulèvera quelques critiques.

Sa collaboration avec la revue française "Egoïste" met un terme à sa collaboration avec Vogue qu’il quitte en1990 après plus de 25 ans.
Le New-Yorker, revue hebdomadaire d’actualités et de spectacles non moins prestigieuse dans un autre registre, l’accueille en 1992. Il en devient l’unique photographe.

Tout au long de sa carrière, Richard Avedon reçoit de prestigieuses récompenses dont la Chancellor’s Citation de l’Université de Berkley (1980) et le titre de docteur honoris causa du Royal College of Art de Londres (1989).

Célèbre, et désormais probablement le photographe le mieux payé du monde, il réalise les portraits de Picasso, Robert Frank, Jacques-Yves Cousteau, Léonard Bernstein, Marcel Duchamp, Jean Cocteau, Robert Flaherty, Igor Stravinsky, Humphrey Bogart, Buster Keaton, Ezra Pound, Bob Dylan, Alberto Giacometti, ou Björk.

En 2004, à l'âge de quatre-vingt-un ans, il est frappé d’une hémorragie cérébrale alors qu’il travaille sur le projet Democracy qui montre les préparatifs des élections présidentielles prévues cette même année. Il se rend aux Conventions de Boston et New York, voyage au Texas et au Nevada et va même jusqu’à San Francisco. Ce portfolio reste inachevé.
La Richard Avedon Foundation est créée l’année suivante.

Richard Avedon laisse derrière lui dix livres, dont Observations (co-réalisé, en 1959, avec Truman Capote) et Nothing Personal (en collaboration avec James Baldwin).

Marguerite Duras, 21 mai 1993, (photographie pour

La photographie a été prise en mai 1993. Marguerite Duras a alors 79 ans. c'est le portrait d'une petite fille retroussant sa jupe avec beaucoup de malice. L'histoire est amusante. Duras avait besoin d'un poste de télévision et demande à Caroline de l'accompagner. Elles se retrouvent dans un magasin et là, au milieu des écrans, Duras s'immobise pétrifiée. L'élastique de sa jupe a craqué. Duras murmure "je ne peux plus avancer. Ma jupe va tomber". L'histoire fut contée à Avedon qui lui a fait relever sa jupe légèrement Duras joue le jeu avec un plaisir évident.

Jean Cocteau, Coco Chanel, Catherine Deneuve, Jean Genet, Jeanne Moreau, Yannick Noah, Isabelle Adjani... Autant de personnalités françaises qui sont passées devant l'objectif du photographe de mode Richard Avedon

 

 

 

 

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Janvier 1965 Avedon portrait de Ringo.

Marilyn Monroe et Arthur Miller, 1957, Richard Avedon